
L'heure violette
« Ce livre est un dictionnaire à une seule entrée, la quête d'un mot qui n'existe pas [...] : celui par lequel on nomme les parents qui ont vu leurs enfants mourir. »
C'est pleinement conscient de cette faille du langage que Sergio del Molino tente de cerner les contours de la douleur, de cette douleur innommable qui ne le quitte jamais. Plongé dans un crépuscule continu, l'« heure violette », selon l'expression empruntée au poète T.S. Eliot, il tente de trouver les mots justes pour raconter la maladie de son fils, Pablo, atteint d'une leucémie à l'âge de dix mois, et sa mort. L'Heure violette est un récit sensible dans lequel l'auteur navigue entre infraordinaire, fragments d'hospitalisation, réminiscences musicales et résonances littéraires pour adresser une émouvante lettre d'amour à son fils disparu.
Un texte déchirant, en écho à certains grands livres de la littérature du deuil comme À ce soir de Laure Adler, Martin cet été de Bernard Chambaz, ou encore Philippe de Camille Laurens.
Le chagrin transfère aux objets l'amour qui ne peut être déversé sur la chair. Nostalgie d'un corps auquel nous ne donnerons plus de baisers ni de caresses ni de bains. Un corps figé dans des milliers et des milliers de photos. Privés de la chair que nous n'avions pas même commencé à délier de la nôtre, nous semons l'amour sur tous les objets de la maison. Par simple pulsion biologique, par simple nécessité animale. Mammifères ensauvagés traquant l'odeur de leur petit dans tous les recoins de la cage. Loups hurlants, gorilles aliénés. C'est ce que nous sommes dès lors que nous nous retrouvons livrés à nous-mêmes.
(sous réserve de confirmation)
Largeur : 15.0 cm
Epaisseur : 2.6 cm

