
L'éternel féminin : le phantasme de Jean-Jacques Rousseau
L'Éternel féminin
Rousseau a la réputation d'avoir été un indéfendable misogyne tandis que ses textes témoignent de l'intensité de ses amours : Marion, Julie, Sophie... Pourtant, au-delà des clichés et indépendemment de la vie du Genevois, la pensée de Rousseau est dans son rapport à la femme plus subtile et complexe que la caricature qui en est souvent faite aujourd'hui à partir de concepts du XXIe siècle sans appuis dans la société du XVIIIe.
Éric Zemik nous propose ici de décortiquer la pensée du philosophe pour comprendre l'originalité de son rapport aux catégories du masculin et du féminin. Pour Rousseau, si l'homme domine, la femme règne. Il y a dans le règne un pouvoir presque magique. Un pouvoir sans pouvoir, en quelque sorte, et qui s'efface pour mieux s'affirmer, dans le seul milieu qui est le sien, l'intimité, là où la frontière entre extériorité et intériorité, entre immanence et transcendance, identité et altérité s'estompe.
Le philosophe des Lumières développe une féminisation du regard et de la pensée. C'est cette vision, ou plus exactement cette grille de lecture, qu'Éric Zemik désigne par l'expression « étemel féminin » : étemelles comme le sont les vérités qui dépendent des concepts a priori de la pensée.
Dès lors il faut comprendre la notion de phantasme dans son sens étymologique d'image touchant l'âme. C'est une coproduction imaginaire entre l'homme et la femme, entre un être qui se nourrit d'images et un être qui se fait image.
Comme la prose de Rousseau peut le faire, l'ouvrage enchante. S'adressant autant aux sens qu'à l'esprit, il offre une approche féministe originale de Rousseau qui, par sa post-modernité, tend à l'universel.
(sous réserve de confirmation)
Largeur : 15.0 cm
Epaisseur : 2.9 cm

